ITW: Alexandre Atinkpahoun « J’ai toujours été dans le conseil »

ITW: Alexandre Atinkpahoun  « J’ai toujours été dans le conseil »

Crédit photo: Izza Cartoux Photography

Agent sportif spécialisé dans le basket depuis maintenant plus de trois ans, Alexandre Atinkpahoun avait décidé de mettre un terme à sa carrière de basketteur pro pour se consacrer à sa reconversion. Il est notamment revenu avec nous sur les circonstances de l’obtention de sa licence… Entretien !

Il y a désormais deux ans, tu as décidé de te retirer du basket en tant que joueur pro alors que tu n’avais que 31 ans, pour devenir agent. Quels ont été les raisons de ce choix ?
Disons qu’il y a eu plusieurs facteurs. Le premier est, qu’étant agent, je n’ai pas le droit d’être joueur professionnel. Donc il m’est interdit de jouer au dessus de la NM3 puisque les contrats de travail sont autorisés seulement à partir de la NM2. Un autre facteur fût que je ne m’y retrouvais plus dans la mentalité du basket actuel. Je suis « Old School », la priorité sur le terrain c’était l’équipe. Ce qui était important, c’était juste la victoire et non la performance individuelle. Le troisième, c’est qu’avant même d’avoir fini mon dernier contrat, j’avais déjà ma licence d’agent sportif. Et je sais que réussir une reconversion prend du temps, alors autant commencer tôt et penser à l’avenir. Dans le même temps, Vincent Chamoulaud (mon agent) m’a proposé de mettre en place la société « Preserve » (www.preserve.pro), société en rapport avec ma nouvelle activité d’agent. Donc cela tombait bien.

Envisageais-tu cette reconversion lorsque tu étais encore en activité et que tu ne pensais pas que tu allais prendre ta retraite de sportif pro de sitôt ?
Oui, lors de mon dernier contrat où j’avais signé trois ans. Je me blesse pendant la préparation, et le médecin m’annonce qu’il y a 50% de chance (ou malchance) que ma carrière s’arrête là. J’avais déjà fait une remise à niveau en biologie, chimie – physique et BTS diététique en parallèle de ma carrière quelques années auparavant… mais même si cela fût très intéressant, j’aspirai à autre chose. J’ai toujours été dans le conseil, surtout avec les jeunes joueurs, et l’idée est venue de proches et de certains joueurs qui m’ont indiqué que le métier d’agent me conviendrait bien, puisque je le « faisais » déjà à mon modeste niveau. De là, mon objectif était d’obtenir la licence d’agent, avant de finir la fin de mon contrat et avoir le choix de mon avenir, à son terme.

Combien de temps t’a t-il fallu pour obtenir ton diplôme après que tu ais décidé que tu voulais devenir agent ?
Je me suis inscrit une première fois pour voir un peu comment ça se passait, avec la secrète envie de, pourquoi pas, valider une des deux épreuves pour ne pas à avoir à la repasser l’année suivante. Ce qui ne fût pas le cas… (sourires). Et l’année suivante, lors de mon second examen, j’ai validé les deux épreuves et obtenu ma licence. En gros, je me suis inscrit en novembre 2008 et j’ai reçu la lettre de validation en mai 2009.

Quelles sont les principales difficultés que l’on peut rencontrer lorsque l’on souhaite obtenir son diplôme ? Faut-il avoir suivi une formation ou des études en particulier ?
Les principales difficultés dans l’obtention de la licence sont d’emmagasiner une grosse quantité d’informations et de notions au niveau juridique (droit des contrats, droit des sociétés, droit du travail, fiscalité, droit de la sécurité sociale, etc…). La licence est ouverte à tout le monde, ensuite certains passent par des écoles à la préparation à l’examen d’agent, moyennant finances. De mon côté, j’ai préféré travailler seul dans mon coin… (sourires).

Es-tu un agent spécialisé dans le monde de la balle orange ou es-tu aussi tourné vers d’autres sports ?
Pour l’instant, je ne suis licencié que dans le basket-ball, ça reste quand même ma première passion. Même si « Preserve » est déjà présent dans le basket-ball, le foot et le rugby grâce à nos différents agents, personnellement j’aimerai essayer de passer l’épreuve spécifique pour d’autres sports. Je verrai bien par la suite si je m’en sers ou non, mais autant avoir le choix de le faire.

Ce métier est assez fermé. Appréhendais-tu au début pour te faire une place dans ce milieu ?
Oui bien sûr, ce n’est pas parce que j’ai été joueur professionnel et que je connais du monde qu’on allait m’accueillir à bras ouverts. Quand il s’agit du travail c’est comme partout, il faut faire ses preuves. Alors c’est ce que je tâche de faire.


Combien de clients environ comptes-tu à ce jour et sur quel niveau de compétition sont-ils répartis ?
Sur le championnat français, actuellement je travaille avec 23 joueurs et joueuses, si je ne compte pas les jeunes qui font le banc Pro A. En garçon, le niveau le plus haut est la Pro B. Et en fille, c’est la NF1. Mais je m’attelle à faire passer certains et certaines de ces joueurs et joueuses au niveau supérieur.

Te faire une place parmi les agents sur le marché international fait-il partie de tes ambitions pour le futur ?
Oui, je pense qu’il faut voir le basket dans sa globalité. Les joueurs français sont de plus en plus mobiles, s’arrêter au marché des championnats français serait trop restrictif. Vu le nombre croissant de joueurs qui ont du mal à trouver un club, il faut leur apporter des opportunités extérieures.

L’été dernier, grâce à toi et au site World Directory Basket-Ball, un joueur (Alpha Mbodj) a signé un contrat avec la JAV Vichy pour évoluer en N3 et en N1. Peux-tu nous raconter comment cette belle histoire a eu lieu ?
Ça a été très simple, je me suis inscrit sur le site de WDBB et un jour j’ai reçu un message d’Alpha qui était en recherche de club. Après avoir discuté avec lui, de ses attentes et aussi de m’être renseigné de mon côté sur ses qualités « basketballistiques » et humaines, on a décidé de travailler ensemble. Peu de temps avant, Willy Sénégal m’avait fait part de sa recherche d’un joueur capable de pouvoir jouer en NM3 et de s’entraîner quotidiennement avec le groupe NM1. Il m’a fait confiance et a fait venir Alpha. L’aventure s’est poursuivi par sa signature dans le club de Vichy.

Selon toi, d’autres opportunités  vont-elles se présenter pour des joueurs par l’intermédiaire de ce site ? Quel est l’avenir de wdbb ?
C’est évident, puisque les contacts se font beaucoup plus facilement entre agents, joueurs et clubs. Donc, plus il y aura d’aventures comme celle d’Alpha, plus des joueurs vont venir s’inscrire, plus les clubs vont se rendre compte de la qualité des joueurs présents sur WDBB et plus le site va se développer. C’est un cercle vertueux.

En tant qu’agent, comment utilises-tu cet outil ?
Régulièrement je vais sur le site pour voir les nouveaux inscrits, regarder mes messages et discuter avec les joueurs. Pour mon travail, WDBB est un outil supplémentaire pour consolider mon réseau.

Quel est le contrat que tu as réussi à faire signer dont tu sois le plus fier à ce jour ?
Je pense que c’est le fait d’avoir mis le premier joueur européen Xavier Delarue dans le championnat professionnel Canadien (niveau équivalent a la Pro B, bas de Pro A). C’est un travail d’environ un an, entre le premier contact avec les Kebs de Québec et la signature chez les Jazz de Montréal. Ça a été très long de faire comprendre que la mentalité européenne était de venir pour un projet d’une ou deux saisons et non pas juste pour se montrer un mois pour par la suite partir pour un nouveau contrat.