Crédit photo: Helene Judalet sexotherapeuthe sport
Hélène Judalet n'aborde pas la question de la santé sexuelle des sportifs en simple observatrice. Ancienne joueuse de basketball ayant évolué en sélection, elle a connu de l'intérieur les exigences du sport intensif : la charge d'entraînement, la pression de la performance, la discipline corporelle. Aujourd'hui sexothérapeute diplômée, elle a choisi de mettre cette double expérience — sportive et clinique — au service d'un sujet encore largement tabou : le lien entre performance sportive et santé sexuelle.
C'est cette double légitimité qui a nourri son mémoire de fin d'études, rédigé dans le cadre du Diplôme Universitaire de Conseiller en Santé Sexuelle de l'UFR STAPS de Poitiers (promotion 2025-2026) :
« Sport intensif, pression corporelle et santé sexuelle : impacts ou bénéfices sur la santé globale des sportifs ? »
Un angle mort dans le suivi des athlètes.
Le constat de départ du mémoire est simple : la santé sexuelle est un indicateur reconnu de la santé globale, mais elle reste presque absente du suivi médical des sportifs de haut niveau. Médecins du sport, kinésithérapeutes, nutritionnistes et psychologues gravitent autour de l'athlète — sans qu'aucun d'entre eux n'intègre systématiquement cette dimension dans son évaluation.
Pour documenter ce vide, Hélène Judalet a mené une enquête auprès de 23 sportifs de haut niveau (13 femmes, 10 hommes), de niveaux international, national, Pro A et régional, complétée par des entretiens qualitatifs avec des joueuses et joueurs de basketball professionnel.
Ce que révèle l'enquête:
Plusieurs résultats se dégagent de ce travail :
● Un déficit d'information massif : 52,2 % des femmes et 39,1 % des hommes interrogés déclarent n'avoir reçu aucune éducation à la santé sexuelle dans le cadre de leur pratique sportive.
● Des symptômes sous-évalués : baisse de libido, troubles de l'humeur, fatigue inexpliquée, dérèglements du cycle menstruel ou troubles de l'érection sont rapportés par une part significative des athlètes, sans qu'un lien avec l'entraînement soit systématiquement établi.
● Une pression corporelle marquée : 34,8 % des femmes interrogées estiment que leur image corporelle influence directement leur confiance sexuelle.
● Un phénomène connu mais tu : le syndrome REDs (déficit énergétique relatif dans le sport) et le syndrome de la triade de l'athlète féminine, tous deux susceptibles d'altérer l'équilibre hormonal et le désir sexuel, restent peu dépistés.
« La performance prévaut sur la capacité sexuelle. Pour ma part, je me focalise totalement sur les entraînements. Mon cerveau ne se connecte plus au sexe. »
— témoignage d'un sportif professionnel recueilli dans le cadre de l'enquête.
Une relation à double sens, pas seulement négative:
Le mémoire évite l'écueil du discours univoque. L'activité physique modérée reste associée à des bénéfices reconnus pour la santé sexuelle : meilleure circulation sanguine, fonction vasculaire optimisée, réduction de l'inflammation. C'est lorsque l'intensité dépasse durablement les capacités de récupération de l'organisme que la balance s'inverse, ouvrant la voie à la fatigue chronique, à la baisse de testostérone et à la diminution du désir.
Le travail souligne aussi la persistance de certaines croyances, comme l'idée qu'une activité sexuelle nuirait à la performance avant une compétition — une conviction attribuée à des sportifs comme Mohammed Ali, mais que la littérature scientifique récente tend à nuancer fortement.
Vers un accompagnement pluridisciplinaire
La conclusion du mémoire est aussi son message central : la santé sexuelle devrait être intégrée comme un indicateur à part entière du suivi médical des sportifs, au même titre que le suivi cardiovasculaire ou nutritionnel. Cela suppose de former les encadrants à repérer les signaux d'alerte, de lever le tabou qui entoure le sujet dans les vestiaires et les staffs, et d'offrir aux athlètes un espace d'accompagnement dédié — y compris dans la phase sensible de reconversion post-carrière, identifiée dans le mémoire comme une période à risque particulier.
L'accompagnement proposé par Hélène Judalet
Fort de cette expertise à la croisée du sport de haut niveau et de la sexothérapie, Hélène Judalet propose aujourd'hui un accompagnement individualisé, destiné aux sportifs comme à toute personne souhaitant mieux comprendre et prendre soin de sa santé sexuelle — dans une approche qui articule performance et épanouissement intime.
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Source : Hélène Judalet, « Sport intensif, pression corporelle et santé sexuelle : impacts ou bénéfices sur la santé globale des sportifs ? », Mémoire du DU Conseiller en Santé Sexuelle, UFR STAPS, Université de Poitiers, 2025-2026.
Par Alexandre Atinkpahoun & Hélène Judalet, sexothérapeute diplômée